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Beltane

Mis à jour : avr. 28

A l'échelle d'une journée, c'est le midi ; à l'échelle d'une année, c'est le temps de la fécondation des fleurs & à l'échelle d'une vie, l'adolescence…

Le Printemps est désormais bien installé, le temps d'ensoleillement ne cesse de croître et Bel-Tan est d'ailleurs littéralement la Fête du Soleil (Bel) - Père (Tan). Cet accroissement de la lumière solaire entraîne au sein de la Nature une explosion de vitalité : à la suite de la résurrection pascale, la vie reprend ses droits sur la mort apparente de l'Hiver. Vie et mort semblent d'ailleurs inexorablement liés au sein de la Roue ; Beltane ouvre également la période où les animaux mettent généralement bas, et "mettre bas" c'est aussi "mettre fin"... Naître ici-bas nous met nécessairement face à notre mort prochaine...


Dans la tradition celtique, Beltane fait d'ailleurs face à Samhain -la fête des Trépassés- de l'autre côté de la Roue de l'année. Si Beltane est aussi la fête de l'Amour, l'amor fait donc continuellement face la mort ! Nous associons facilement Samhain au temps où la porte entre les vivants et les morts s'entrouvre, mais pour les Celtes, c'était également le cas concernant la nuit de Beltane. Sinon qu'il s'agit des deux facettes d'un même processus : Samhain est la fête des désincarnés tandis que Beltane est la fête de l'incarnation.


Cette relation vie-mort peut par ailleurs s'entendre "tout au long de la vie". Le monde végétal illustre bien ce processus avec l'arbre fruitier par exemple, qui tout au long de sa manifestation et au fil des tours de Roue, voit ses fleurs être fécondées, former ainsi des fruits, eux-mêmes contenant les graines qui donneront à terme de nouveaux arbres et de nouveaux fruits... Et cela peut s'entendre à bien des niveaux... Toute relation porte en elle le germe d'un troisième terme, des idées même peuvent se féconder, l'être face au Monde porte en lui bien des morts et des résurrections potentielles (si tant est qu'il regarde bien les choses en face, justement).


Ainsi, derrière l'apparente reproduction des cycles, une Spirale peut se dessiner, invisible de l'extérieur mais bien réelle vue de l'intérieur... Pour cela cependant, encore va-t-il s'agir de s'incarner donc. Pour rester dans le monde végétal, toute ascension vers les cieux induit également une poussée vers le bas, un enracinement de plus en plus profond afin d'aller puiser d'une part les éléments nécessaires à la croissance du végétal, et la stabilité dans son processus d'élévation d'autre part. Le Feu est sans pitié pour les ailes faites d'argile...

Dans la suite du Printemps dont Beltane est l'intersaison, les êtres sont donc symboliquement invités à poursuivre leur individuation -les pieds bien sur terre- à élargir leur ramure pour élargir leur horizon, à découvrir leur intérieur et à en devenir moins le jouet inconscient ; à actualiser leur potentiel et à s'exprimer, autrement dit de passer du 0 au 1. Cette expression de soi, pour mieux se connaître et pour accompagner ce processus d'individuation, a cependant besoin d'un écho, d'un feedback, qu'il soit l'autre ou le Monde... qu'il soit "réel" ou imaginaire d'ailleurs. C'est le 1 qui rencontre le 2 -l'altérité- les deux s'enrichissant l'un l'autre, idéalement.


Le Monde est effectivement un système en interrelation où tout est lié, et c'est peut-être cela l'Amour pour commencer, sans y mettre aucune autre qualification. Chez l'être humain, peut-être que ce sentiment s'exhale d'autant plus intensément que la conscience de cette interrelation s'épanouit. La conscience de cette interrelation quant à elle semble nécessiter de l'empathie, une humidification de l'être sans quoi la coquille devient trop dure, sans quoi l'être se pense trop séparer du Monde (et pense les choses trop séparément aussi !) Le conflit n'est alors jamais bien loin -ne peut être impacter que ce qui est dur- mais prenons alors conscience que c'est l'Amour qui nous rend service...


A l'inverse et pour autant, ne diabolisons pas non plus ce qui sépare, cela serait mal connaître l'histoire de la matière ou encore celle du vivant. Méditons au besoin sur la distance qui sépare l'électron du noyau ou encore sur la raison d'être de la membrane plasmique d'une cellule. Si la Relation permet le développement de l'individuation, que deviendrait l'individu sans plus de limite ? que deviendrait l'idée même de liberté sans cadre contraignant ? Le mysticisme a beau prôner la fusion avec l'Infini par l'effacement de l'individualité, il nous semble qu'il y a là un retour en arrière qui, bien que tentant -aussi tentant que le sein maternel- révèle plutôt un refus de grandir, de devenir Adulte...


Sans confondre le mysticisme et les totalitarismes, remarquons peut-être quand même cette annihilation de l'individu dans ces tentatives politiques, cette prise en charge des "enfants de la patrie" par le petit père bienfaisant... notons également cette haine -cette peur- de l'altérité qui fut à l'œuvre dans le nazisme, le "retour à la source" qui l'accompagna... Dans un autre ordre d'idée, regardons en face les travers de la mondialisation, regardons notamment le travers si malheureux de la colonisation, qu'elle soit celle des ressources et bien plus insidieuse encore, celle des cultures. Méditons sur la pauvreté du monolithisme culturel d'ailleurs... surtout lorsqu'il tend à se résumer à la doctrine néolibérale et ses avatars

Mais continuons aussi cet aller-retour, en ne cherchant pas à idéaliser "l'état-nation" (si tant est que cette notion puisse encore exister) -ou tout autre régionalisme- et ses étendards face à l'ogre de la mondialisation. Et non, le bon sauvage n'existe pas davantage que le méchant homme blanc non plus. L'Amour nous semble bien plus nuancé que cela... et le refus de la mondialisation, manquer la cible... Le problème ne réside pas dans l'intensification de l'interrelation mais plutôt dans la domination d'une partie sur le tout, dans l'abolition des particularismes. Car à quoi bon, alors, être en relation ?!


Si l'autre ne devient que notre prolongement, en quoi cela nous fait-il grandir en tant qu'individu ? En quoi cela révèlerait-il nos blessures pour mieux les guérir ? Et comment imaginer que cela se déroule sans opposition, sans retour aux pires côtés du tribalisme ? Il y a là ensuite une réaction très cynique, très révélatrice en fait, de l'agressé face au retour de bâton. La tentative de justifier ainsi l'intensification de la disparition de tout particularisme, prônant le sien comme -les terroristes ne nous donnent-ils pas raison ?- la solution universelle...


Peut-on entendre que la multiplicité des langues -salut Babel- n'est pas une malédiction mais une opportunité ? A commencer par celle d'en apprendre une nouvelle, mais peut-être surtout plus symboliquement, celle de laisser s'épanouir d'autres manières de regarder le Monde... Peut-on également comprendre qu'ouvrir les frontières, ce n'est pas nécessairement les abolir, que si l'autre est différent, ce n'est pas pas nécessairement une remise en cause de soi ? Et que si aimer consiste pour soi à n'aimer que ce qui nous ressemble, cela équivaut à n'aimer que soi-même à travers l'autre ? In Lakesh, Namaste, oui.. mais attention à l'illusion !

Et si le Diable encore une fois -ce qui sépare- n'était pas le préalable à l'Amour ? Peut-on construire un pont sans rivière à surpasser ? Une passerelle sans espace à surmonter ? Et si cela pouvait donner lieu à un projet ? Une œuvre commune qui s'enrichirait des différences de points de vue... Oui car le particularisme n'exclut pas non plus que nous vivions sur la même Sphère, n'exclut pas l'idée d'être ensemble et de créer ensemble... Mais voilà, cela induit d'entrer en relation, cela induit de ne pas verser dans le repli sur soi, certes parfois bien reposant, pourquoi pas paradisiaque, seul(e) dans un éden perdu. Mais cet éden résistera-t-il longtemps à la montée des eaux (dans tous les sens du terme) ?


Ah mais la gauche plurielle, on a vu ce que cela a donné ! Certes, personne n'a dit que ça allait être facile, mais doit-on nécessairement céder à la facilité ? Par ailleurs, si le débat d'idées induit le fait qu'il y ait réellement émission d'idées différentes (donc individuations), elle induit aussi une qualité d'écoute (d'écoute nous insistons, avant de répondre... est-on capable de laisser infuser l'altérité ?) de respect de l'autre... et qu'en fin de compte il y ait réellement une action de mise en œuvre. Et oui, nous restons dans le Printemps, dans la concrétisation de l'intention. Cela demandera sûrement des compromis, des lâchers-prises, des renoncements acceptés en vue d'un bien supérieur. Encore une fois, l'individuation n'est pas une calcification non plus !


Nous pourrions continuer longtemps (et nous le ferons autant que possible !) cet aller-retour entre la gauche et la droite, suivant Ariane dans cet amoureux tissage. La Qabale nous raconte que la Beauté émerge de cette relation, tandis que Père et Mère restent à distance harmonieuse pour que le Monde fini puisse "avoir lieu". Père et Mère, Yang et Yin, Masculin et Féminin... quelle relation entretiennent ces deux polarités fondamentales ? Le Masculin et le Féminin, entre autre, c'est l'impulsion qui rencontre la contrainte, c'est l'émission qui rencontre la limite qui elle-même renvoie un écho... Nous retrouvons là tout l'enrichissement mutuel de la Relation, mais aussi les potentielles frictions qu'elle peut engendrer !


Du point de vue d'une relation entre deux êtres, le conflit prendra d'autant plus d'ampleur que, paradoxalement, l'individuation des parties manque d'aboutissement. La projection n'est en effet jamais bien loin dans la relation et l'autre devient si souvent l'écho de ce que l'être n'a pas voulu regarder en face en lui-même... Et c'est là tout le défi du 2 nous semble-t-il, celui de recevoir l'écho et d'éviter le mur... c'est-à-dire, positivement, de remercier l'autre pour le reflet de notre propre ombre plutôt que de lui attribuer tous les torts -à soi plutôt de se rectifier- Et vice-versa ! posons bien la limite dans notre relation, afin de ne pas prendre entièrement pour soi la manière dont l'autre nous reçoit... Lorsque la distance est harmonieuse, il peut y avoir communication et à chacun alors, de prendre ses 50% dans les remous occasionnés.


En tout cas, nous voyons bien là que pour que l'expérience de Beltane soit vécue harmonieusement, il ne faille passer outre notre Printemps qui est aussi notre enfance... le temps de nos "blessures d'âme" que notre relation à l'autre ravive sans cesse. Le psychiatre J. Pierrakos fut le premier à s'y intéresser de près. Souvent transmises par nos parents et gravées dans notre subconscient, elles joueraient un rôle majeur dans notre vie, puisqu'elles conditionnent nos apports aux autres, notre comportement, nos pensées et nos émotions...


Sentiments de rejet, d'abandon, d'humiliation, de trahison, d'injustice... et tout ce qu'ils entraînent ensuite, le plus souvent inconsciemment. Citons pêle-mêle et de manière non exhaustive : ne pas oser donner son opinion, la recherche constante de validation, le non-droit à l'erreur, chercher à attirer sans cesse l'attention, la peur de la solitude, la recherche de la performance à tout prix, l'auto dévalorisation, la peur de la liberté, la volonté de contrôle sur tout, se couper de ses émotions, la crainte de l'autorité, ne pas savoir demander de l'aide, le tout action ou le tout mental, etc. etc. etc.


Au-delà de cette classification qui en est une parmi d'autres, notons à quel point notre relation à l'autre et au monde, est avant tout une relation à soi et à nos failles... que l'on cherche avant tout à fuir à grand renfort de masques, plutôt qu'à guérir. Préférant bien souvent la souffrance à la Joie. Mais c'est qu'on la connaît bien notre souffrance, on la défend même ! C'est que ça fait profondément peur la Joie, ou alors est-ce la liberté ? Et puis que d'importance se donne-t-on ! Quel poids que cette histoire personnelle... Lâchons du lest, Majesté !


Bon, facile à dire, plus difficile est l'Art me direz-vous... quelle est la clef pour être soi -qui veux-tu être ?- plutôt qu'être continuellement en réaction, en opposition inconsciente ? Observer, être un témoin de soi et du monde -et cela sans jugement- en regardant en même temps à l'extérieur et à l'intérieur... Faire le LIEN entre le(s) 2. Quoi !? et après ? que cela va-t-il changer ?! C'est sûr que s'agiter dans tous les sens, participer à stage sur stage ou accumuler mille savoirs, ça a l'air plus efficace... mais l'est-ce vraiment, lorsque la fatigue et le stress ou tout autre imprévu font voler en éclat toutes nos vaines tentatives de nouveaux masques ou autre rafistolage à la colle plus ou moins forte ?


Observer et tendre vers l'humilité peut-être... l'humilité de se regarder en face plutôt que se sans cesse se la voiler (il a bon dos le voile des autres, là). Prendre son courage à deux mains aussi et savoir exprimer à l'autre, au monde, ses besoins et ses peurs (conscientisées cette fois). Savoir dire, après s'être mis en colère (toujours à raison) et avoir cracher tout son venin (acide à souhait) à celui/celle que "j'aime" : "j'ai fait cela parce que j'ai peur, parce que je suis terrifié !" Ou savoir dire avant de réagir et d'exploser (ou d'imploser, au choix), "j'ai besoin de..." Mais là, on en revient à l'humilité et au masque qui doit tenir coûte que coûte au risque de... au risque de quoi en fait ?! D'être soi ?


Beltane... la fête de la fécondation des fleurs... de l'Amour... le passage adolescent vers l'âge Adulte -n'en déplaise à Peter Pan- même si ce dernier s'en prend plutôt aux "adultes" sans majuscule. Une fois fécondées par la Relation (merci au Vent et autres abeilles), la fleur devient un fruit (ou elle orne le centre de la Croix, allons savoir). Chez l'être humain, ce fruit est une Pomme qui apparaît 9 mois plus tard, à Imbolc. Il s'agit alors de la Pomme de la Connaissance (de soi et peut-être bien des autres d(i)eux) qui est avant tout celle de la Liberté. "L'enfer c'est les autres" écrivait Sarthe, seulement lorsqu'on est prisonnier de sa propre géhenne pensons-nous... Et cette libération intérieure peut-elle faire l'impasse d'un éveil spirituel ? Ou préférons-nous sans cesse manger la pomme empoisonnée de l'inconscience et s'endormir toujours plus profondément ?


Aujourd'hui, de l'Amour le 1er mai est devenue la fête internationale des travailleurs -chercher l'erreur- mais peut-être (soyons optimiste) cela pour évoquer la Tâche de l'Homme dans cette incarnation. Regardons les abeilles qui butinent de fleurs en fleurs et qui sans cesse, font l'aller-retour entre celles-ci et leur intérieur. C'est du miel qu'elles produisent -puisse la récolte être abondante- Un peu de douceur au passage, car soyons clair, le travail est parfois dur et nécessite une belle endurance... De la tendresse aussi, le rapprochement des corps, car combien aussi les éclats issus du taillage de notre Pierre peuvent être blessants -nous ne sommes pas des machines- notamment avec ceux dont la relation est paradoxalement la plus proche, la plus intime.


Lorsque les choses deviennent trop dures entre les 2, souvenons-nous d'humidifier de nouveau notre être et la relation ; avec du miel cela donne de l'hydromel, cette boisson sacrée que l'on buvaient lors des célébrations d'union et dont la lune de miel tire son origine. Or, ce temps où seul le plaisir est à l'honneur n'a sûrement pas pour vocation d'être un temps unique dans la relation, mais bien un espace dans lequel se replacer régulièrement. Personne n'oblige à se tuer à la tâche, la vie s'en chargera sans notre aide !

Mais quelle mouche nous a piqué lorsqu'on décréta que le corps était maléfique et le Désir, satanique ?! Comme si le grand Œuvre pouvait se passer de la Matière première et de la relation amoureuse qui se noue avec elle !


Comme si le Fruit de l'Amour - de la Relation- pouvait se passer de la complicité entre la terre et le ciel -aller dire ça à un arbre !- , entre le feu solaire de l'esprit et l'humus souple et aéré du sol. Laissons donc la Vouivre rencontrer le Cerf, le Serpent n'est pas celui qu'on pense... laissons donc le Dragon du Printemps s'envoler -visons les étoiles- le long de notre échine ! Ce n'est pas le même que Saint-Georges terrasse... Laissons gorge déployée le rire nous envahir ! Parce que c'est drôle également tous ces travers qui se révèlent dans la Relation ! Gai-rire, souvenons-nous passe par là aussi... Ce rire christ-allin que rien ne retient et qui fait éclater toutes les tensions du corps, toutes les scories de l'âme et laissons-les chanter -ce corps & cette âme- leur complicité !

"Je suis le Verbe qui met en mouvement une bonne conversation

Et quand tu me nommes, tu me donnes en-vie

Je suis la nouvelle alternative contre la pollution

et tu es l’énergie qui me recharge

Je suis un bosquet qui ombrage ta maison

un vent doux qui te caresse le visage

De tous tes rêves, négresse, je suis la manifestation

Tu es cette liberté rêvée


Je suis la sérénité qui mène à la méditation

Et tu es ce mantra si sacré

Je suis ce jouet qui te fait baisser la pression

Et chaque fois qu'elle monte, tu m’appelles

Jette le drap, sors du lit

nous allons conquérir toute la maison

De tout ce que tu as l’habitude je suis la contradiction

Je pense que c’est ce qui t'interpelle chez moi


La complicité est si grande

que nos vibrations se complètent

Ce que tu as me manque

et ce que j’ai te rend plus complète

L’affinité est si forte

je regarde tes yeux et je sais ce que tu penses

Je t’aime parce que tu es tellement

de belles choses qui me font croire que je suis


Je suis le levain qui fait grandir ton cœur

et toi la vitamine qui me manque

Je suis cette rosée qui se pose sur ta végétation

et toi cette terre fertile qui est rare

Je suis le sable blanc qui tapisse ta plage

tout le feuillage qui donne vie à ta carte

De toute idée créative je suis la gestation

tu es l’utopie désirée


Je suis la folie qui tremble, je suis ton addiction

et tu es mon bonheur, mon calme

Je suis une colonie en quête de libération

et tu es cette dose d’espoir

Je suis la cordillère qui au loin

te guérit la vision avec son élégance

De toute la folie que tu imagines je suis la frustration

et tu es ce défi que j’aime"

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