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Le Printemps - la Fête du 1

Dernière mise à jour : 2 avr.

Dans la Roue de l'année, le Printemps marque une renaissance de la nature à la suite de sa mort apparente -qui n'était en réalité qu'une dormance- lors de l'Hiver.


Une nouvelle naissance... suite à un endormissement...


Toutes les traditions initiatiques évoquent cette nouvelle naissance, non plus physique mais métaphysique. En quoi consiste-t-elle ?


Revenons d'abord à ce qu'est la naissance physique afin de mieux comprendre ce que pourrait être cette seconde naissance. Physiquement donc, il s'agit pour nous mammifères "de sortir de l'organisme maternel" et "d'entrer dans le processus biologique propre aux être animés". Autrement dit, "commencer à vivre". Ajoutons enfin, "prendre son origine".


Comment entendre cela, métaphysiquement parlant ?


Sortir de l'organisme maternel... J'entends pour ma part le fait de s'individuer. Nous naissons au sein d'une famille, d'une société, d'une culture, d'une espèce ; tout cela constituant l'organisme maternel en question je pense. Ces différents cercles, dès notre naissance puis au cours de notre éducation, nous conditionne à réagir d'une certaine manière aux stimuli extérieurs. Si l'on en croit les recherches en différents domaines (biologie, sociologie, psychologie, etc.) ce conditionnement est tel que la notion de libre-arbitre est tout simplement... une illusion. Illusion nécessaire au passage, pour notre ego en tout cas.


Sortir de l'organisme maternel consisterait donc à se déconditionner. Vaste projet... de plus en plus ardu à mesure qu'on se rapproche du biologique peut-être et qui commence je pense par une prise de conscience (d'être effectivement pluri-conditionné). Sinon, on dort... pensant pourtant être bien éveillé !


Dans la symbolique du Graal, la quête de Perceval commence en tout cas par cet acte fondateur : quitter le manoir maternel. Et aussitôt, sa mère meure. Physiquement en tout cas ! Il est intéressant de noter que lors de son entraînement précédant son entrée dans la Chevalerie, Perceval ne cesse de lutter avec... l'éducation reçue via sa mère !


Et si la Quête du Graal était ce "processus spirituel propre aux être humains" ? Et si "commencer à vivre" consistait à réaliser cet acte fondateur, quitter le manoir maternel ? Et si "prendre son origine" consistait à commencer à tracer son propre sillon plutôt qu'à suivre ceux de nos conditionnements ?


Mais a-t-on bien conscience de ce que cela implique ? Car jusqu'à maintenant, il s'agit juste d'une réflexion ! On peut philosopher longtemps comme ça... toute une vie en fait. C'est le danger de la clarté, qui nous fait croire que comprendre, c'est effectivement se transformer. On jouit, on jouit certes... mais demandons à une femme qui a enfanté la différence entre comprendre ce qu'est la grossesse et l'accouchement, et effectivement être grosse et accoucher ! C'est la différence entre savoir et connaître, sur la Voie.


Con-naître implique de naître avec l'expérience. Prenons l'exemple du conditionnement bien/mal (au hasard), bien ancré en chaque individu après quelques millénaires d'endoctrinement religieux. Je peux en avoir conscience, je peux comprendre la manière dont j'ai été conditionné, je peux me positionner par rapport à ce conditionnement, etc. Mais quand arrive le moment d'agir effectivement de manière déconditionnée, ça commence à se corser...


Expression qui ne vient pas de la Corse au passage, mais du corps. De "prendre à bras-le-corps". Autrement dit, d'affronter concrètement ce que cela implique, vis-à-vis de soi pour commencer, puis vis-à-vis de la coercition collective.


Et les conditionnements sont nombreux... et parfois là où on ne pense pas qu'ils sont. A quel point par exemple suis-je conditionné à aimer souffrir ? A aimer être emmerdé ? A aimer être limité ? oui, parce qu'après, c'est tellement bon de pouvoir se plaindre ou critiquer. Tellement bon de n'être responsable de rien, de n'avoir jamais rien à trancher.


Ou encore ces conditionnements du genre "je suis ceci ou cela", "je suis capable ou pas de faire ceci ou cela". A quel point surtout suis-je paresseux ? A quel point ai-je peur de découvrir qu'en fait c'est possible ? Ah ouais mais merde, ça veut dire que je n'ai plus besoin d'être assisté après (salut Maman !)


Là est le prix à payer pour l'individuation (bonne Fête du 1!) me semble-t-il. Pour la liberté d'être soi-même, pour vraiment connaître le Nouveau. Mais en a-t-on vraiment envie ?

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